SUR LE WEB PAGES14-15 Le « charity business » se réinvente ......33needs pour les entreprises...

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ENTREPRISES LE CHARITY BUSINESS SE SUR LE WEB PAGES 14-15 Le « charity business » se réinvente sur le Web TENDANCE Avec la crise, les imaginations se débrident pour rendre plus efficaces les missions du secteur de l'économie sociale et solidaire. Notamment grâce au numérique. Pourtant, les organisations caritatives ne tirent pas encore le maximum des possibilités du Net. ERICK HAEHNSEN Les chiffres de l'écono mie sociale et soli daire (ESS) donnent le vertige. Selon le Conseil national des chambres régionales de l'écono mie sociale (CNCRES), ce sec teur a versé en 2012 près de 56 milliards d'euros de rémuné rations brutes en France, réalisé un chiffre d'affaires de 21,6 mil liards pour les mutuelles d'assu rance, 20,7 milliards pour les mutuelles de santé et 288 mil liards pour les coopératives. Sans compter un budget global asso ciatif qui pèse 70 milliards. Depuis le xixe siècle, l'ESS ne cesse d'innover. Notamment dans les modes d'organisation. Avec par exemple, entre autres, le tourisme social ou l'aide à domicile. Plus récemment, l'ESS s'est attachée à structurer des pans entiers de l'économie comme l'écoconstruction, les filières de recyclage ou encore les associations de maintien de l'agriculture paysanne (Amap). Grâce à des technologies envi ronnementales innovantes, aux réseaux sociaux, au logiciel libre ou encore au crowdfunding financement participatif »), une nouvelle génération d'acteurs de l'ESS émerge. commencer par le financement participatif au ser vice des associations caritatives. Sur ce terrain, les Anglo- Saxons ont pris une longueur d'avance avec des plates-formes comme 33needs pour les entreprises sociales, Advert Activists, Buzz- bnk, CauseVox, Give.fm ou Indie- GoGo, qui offrent aux associations et porteurs de projets caritatifs une palette de services pour orga niser des campagnes de levée de fonds et gérer leurs relations com munautaires. La France rattrape son retard avec les plates-formes Alvarum et BabelDoor. « Les associations caritatives ne tirent pas suffisam ment profit des possibilités du Web », estime Guillaume Desnoës qui, avec Olivier Fleckinger, a créé Alvarum en 2008, son diplôme de HEC tout juste en poche. Objec tif: industrialiser la collecte de dons et l'organisation d'événe ments. De quoi convaincre Pierre Kosciusko-Morizet et Pierre Krings, deux des quatre fonda teurs de PriceMinister, d'investir dans ce projet qui, en tout, a levé 1,7million d'euros. DES MILLIONS D'EUROS AVEC DES MICRO-DONS « Chacun peut créer son "Wall" comme sur Facebook, inviter ses amis, animer son projet en ajou tant des actualités, en organisant un événement afin de collecter des dons, reprend Guillaume Desnoës. Les particuliers informent leur communauté qu'ils souhaitent organiser une collecte en faveur de l'association de leur choix: MSF, la Ligue contre le cancer, l'Unicef ou la Croix rouge... » Pas moins de 800 associations européennes organisent ainsi des animations événementielles sur la plate-forme afin de stimuler la col lecte. Citons, notamment, Oxfam (ONG pour les droits fondamen taux) et son Trail Walker, qui consiste à marcher 100 km par équipe de quatre personnes. Moyennant une commission allant jusqu'à 5 9fc, la start-up a levé au total près de 10 millions d'euros auprès de 200 000 donateurs en Europe. Lesquels reçoivent auto matiquement leur bordereau de déduction fiscale. De quoi soulager Tous droits de reproduction réservés Date : 03/05/2013 Pays : FRANCE Page(s) : 1-15 Périodicité : Hebdomadaire Surface : 127 %

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  • ENTREPRISES

    LE CHARITY BUSINESSSE RÉINVENTESUR LE WEB PAGES14-15

    Le « charity business »se réinvente sur le WebTENDANCE Avecla crise, les imaginations se débrident pour rendreplus efficaces les missions du secteur de l'économie sociale et solidaire.Notamment grâce au numérique. Pourtant, les organisationscaritatives ne tirent pas encore le maximum des possibilités du Net.

    ERICK HAEHNSEN

    Les chiffres de l'économie sociale et solidaire (ESS) donnentle vertige. Selon leConseil national des

    chambres régionales de l'économie sociale (CNCRES), ce secteur a versé en 2012 près de56 milliards d'euros de rémunérations brutes en France, réaliséun chiffre d'affaires de 21,6 milliards pour les mutuelles d'assurance, 20,7 milliards pour lesmutuelles de santé et 288 milliards pour les coopératives. Sanscompter un budget global associatif qui pèse 70 milliards.Depuis le xixe siècle, l'ESS necesse d'innover. Notammentdans les modes d'organisation.Avec par exemple, entre autres,le tourisme social ou l'aide àdomicile. Plus récemment, l'ESSs'est attachée à structurer despans entiers de l'économiecomme l'écoconstruction, lesfilières de recyclage ou encore lesassociations de maintien del'agriculture paysanne (Amap).

    Grâce à des technologies environnementales innovantes, auxréseaux sociaux, au logiciel libre

    ou encore au crowdfunding(« financement participatif »), unenouvelle génération d'acteurs del'ESS émerge. À commencer parle financement participatif au service des associations caritatives.Sur ce terrain, les Anglo- Saxonsont pris une longueur d'avanceavec des plates-formes comme33needs pour les entreprisessociales, Advert Activists, Buzz-

    bnk, CauseVox, Give.fm ou Indie-

    GoGo, qui offrent aux associationset porteurs de projets caritatifsune palette de services pour organiser des campagnes de levée defonds et gérer leurs relations communautaires.

    La France rattrape son retardavec les plates-formes Alvarum etBabelDoor. « Les associationscaritatives ne tirent pas suffisamment profit des possibilités duWeb », estime Guillaume Desnoësqui, avec Olivier Fleckinger, a crééAlvarum en 2008, son diplôme deHEC tout juste en poche. Objectif: industrialiser la collecte dedons et l'organisation d'événements. De quoi convaincre PierreKosciusko-Morizet et PierreKrings, deux des quatre fondateurs de PriceMinister, d'investir

    dans ce projet qui, en tout, a levé1,7million d'euros.

    DES MILLIONS D'EUROSAVEC DES MICRO-DONS« Chacun peut créer son "Wall"

    comme sur Facebook, inviter sesamis, animer son projet en ajoutant des actualités, en organisantun événement afin de collecter desdons, reprend Guillaume Desnoës.Les particuliers informent leurcommunauté qu'ils souhaitentorganiser une collecte en faveur del'association de leur choix: MSF,la Ligue contre le cancer, l'Unicefou la Croix rouge... »

    Pas moins de 800 associationseuropéennes organisent ainsi desanimations événementielles sur laplate-forme afin de stimuler la collecte. Citons, notamment, Oxfam(ONG pour les droits fondamentaux) et son Trail Walker, quiconsiste à marcher 100 km paréquipe de quatre personnes.

    Moyennant une commissionallant jusqu'à 5 9fc,la start-up a levéau total près de 10 millions d'eurosauprès de 200 000 donateurs enEurope. Lesquels reçoivent automatiquement leur bordereau dedéduction fiscale. De quoi soulager

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    Date : 03/05/2013Pays : FRANCEPage(s) : 1-15Périodicité : HebdomadaireSurface : 127 %

  • l'administration des petites structures comme Imagine for Margo(lutte contre le cancer) : elle a levé200 000 euros en un an sans avoirà gérer à la main les courriersauprèsde ses4 000 donateurs. «Onpeut bâtir une belleentreprise à lafois rentable et capabled'industrialiser des servicesefficacesqui renforcentleliensocialentrelescitoyenset le tissu associatif.» Un précepteque la start-up étend en Europeavecdes bureaux à Pariset à Berlin.Si les participants à Alvarum

    lèvent en moyenne de 500 à1000 euros pour participer à unévénement, d'autres acteursmisent sur le micro-don. Notamment aux États-Unis et auRoyaume-Uni où cette activité agénéré en 2010 près de 4 milliardsde dollars. En pratique, un opérateur industrialise les prélèvements de minuscules sommes surde très nombreuses transactionspour les verser à des associationsreconnues d'utilité publique. Àl'instar du français microDON,start-up créée en 2009 qui vientde lever 300 000 euros auprès defonds solidaires (Equisol,Innov'ESS, Solid...). «Notre activité, c'est la "générosité embarquée". Cela consiste à greffieruneopportunité de don à partir destransactions de la vie courante :tickets de caisse,factures, bulletinde paie », précise Pierre-Emmanuel Grange, le président fondateur qui s'est structuré en entreprise solidaire.

    Inspirée du Pay Roll Giving,quiexiste depuis trente ans auRoyaume-Uni, la «générosité sursalaire » est mise en oeuvre parmicroDON au travers des solutions de gestion externalisée de lapaie de chez ADP, Cegidet Sage.

    « Sur une plate-forme informatiqueaux couleursdel'entreprise,lessalariés choisissentparmi 3 à 4pro

    jets associatifs et déterminent lemontant qu'ils consentent à verser,de quelques centimes d'euros àquelques euros », décrit Pierre-Emmanuel Grange qui, parmi sesréférences, comptela Française desjeux, ou Accenture.

    Vient ensuite la « générosité encaisse»qui s'appuiesurla carte microDON, àsavoir des flyers dotésd'un code-barresplacésà côté de lacaisse-enregistreuse pour faire undon de 2 euros ou plus.« Nous intégrons untraitement comptablespécial pour gérer ce

    produit particulier », enchaîne leprésident-fondateur qui a montédes opérations au sein de200 magasins Franprix en faveurdu Téléthon avec 400 bénévolesd'une école de commerce.« D'ici à la fin de l'année, nous

    allons lancer"l'arrondià l'eurosupérieur",par exemplede21,56 eurosà22 euros, auprès deplusieurs centaines de magasins de différentesenseignesdelagrandedistribution»,annonce Pierre-Emmanuel Grangequia été consacréinnovateur socialde l'année2012par la MIT TechnologyReviewl «Nous ne prélevonsaucune commissionsur les sommescollectées.Nous nous rémunéronssur le service d'accompagnementauxchangementsdesentreprisesquiveulent étendre leur démarche responsabilité socialeavecnous.»

    AGIR POUR L'AFRIQUECOMME POUR... LE « 9-3 »Certains engagements de l'ESS

    poussent la générosité vers lespays en développement. Entémoigne Alex&Alex qui récoltedes micro-dons en livrant desfruits dans les entreprises parisiennes comme les géants Axa,Google ou encore Leroy Merlin

    mais aussi dans des PME. Lastart-up reverse 10 centimesd'euro sur chacun des fruits qu'ellevend et livre dans les bureaux afinde financer des projets deconstruction d'écoleset de formation Afrique. « Chaque paniercontient une quarantaine defruits », indique Alexandre Pon-thier, le dirigeant d'Alex&Alexquia ouvert un centre de tri dans le9e arrondissement de Paris. Lesfruits y sont reçus puis livrés parun prestataire en véhicule électrique. L'action humanitaire de lastart-up s'appuie sur des organisations estudiantines déjà présentes en Afrique. Comme ESCSans Frontières (Rouen BusinessSchool) qui opère au Sénégal. OuSchola Africa (Edhec BusinessSchool) au Burkina Faso.Une fois par semestre, les clients

    reçoivent un rapport d'activité surlesprojets en cours leur indiquantà quelle hauteur ils y ont contribué. «Bientôt, ilspourront choisireux-mêmes les projets qu'ilsveulentfinancer », prévoit le dirigeant qui espère tripler le chiffred'affaires de son second exercice(100 000 euros en 2012-2013).Dequoi soutenir son développementen ouvrant une antenne à Montréal (Canada).

    Pour sapart, l'association Novae-dia, dirigéepar Mohamed Gnabalyquia travaillé dans la banque d'investissement, reprend l'idée dedistribuer des fruits (bios, dans cecas)dans les bureaux afin de financer des cours du soir auxcollégienset lycéens. Non pas en Afriquemais dans sa ville de l'île-Saint-Denis,l'une des communes lespluspauvres du « 9-3 ».Voulant aider des personnes

    encore plus pauvres, les SDF, lastart-up Coffreo développe le

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    Date : 03/05/2013Pays : FRANCEPage(s) : 1-15Périodicité : HebdomadaireSurface : 127 %

  • métier d'opérateur de «domicilesnumériques fixes » (DNF). «Ils'agit d'espacepersonnels et confidentiels sur Internet dans lesquelslespersonnes peuvent conserverettrier leurs documents dématérialisés: bulletins de paie, contrats detravail, factures, relevés, quittances... », précise EmmanuelCudry, fondateur et directeur deCoffreo. À la différence desespaces de stockage numériquecomme Box ou DropBox, Coffreo

    protège les documents avec unsceau numérique qui agit commeune signature électronique desorte à garantir l'intégrité desdocuments stockés.

    «Nous travaillons déjà avec lesgroupes d'Intérim Adecco etRandstad dans le secteur duccffie-fort électroniquepour que lessalariés stockent leurs contrats de travail et leurs bulletins de paieélectroniques », souligne Emmanuel Cudry qui expérimentedepuis un an le DNF auprès d'une

    centaine de SDF en collaborationavec les travailleurs sociaux del'association Reconnect (groupeSOS).«LesSDF lesplusjeunes ontl'habitude de se connecterdans leslieux d'accueil ou d'hébergement.Les travailleurs sociaux lesaidentà ouvrir un compte, scanner etsigner numériquement leurs documents. Cette maison numériquepeut ensuite les accompagner partout. »Àdéfaut de réelle insertion,cet outil limite l'exclusion. T

    FOCUS

    2 400 salariés font du bénévolat chez OrangeAu sein des directions commerciales d'Orangeen France, une dizaine de salariés de l'opérateur télécoms assure un rôle de relais entre laFondation Orange et les associations de terrain en régions. «Nous travaillons ainsiavec leSecours populaire, les Emmaùs, ou lesApprentisd'Auteuil..,explique MireilleLe Van,secrétaire générale de la Fondation Orange.Ensuite, nousfaisons appela des bénévolessurnotreIntranet quivontsemettre en contactaveclesassociations de terrain. Undes bénévolesvaalors coordonner une équipeetplanifier lesformations avec lesassociations. »

    Au fil des années, le phénomène a pris del'ampleur, puisque 2400 salariés d'Orangeparticipent bénévolement aux missions dela fondation : alphabétiser des femmesmaghrébines, former à la bureautique desfemmes de 45 ans qui veulent se remettre autravail, former des jeunes sans diplôme auxmétiers du Web avec l'Epitech. À l'international, où la fondation est présente au travers d'une quinzaine de filiales, la fondationest partenaires de WikiAfrica, un programme pour créer du contenu local surl'Afrique. T

    Alex&Alex reverse 10 centimes d'euro sur chaquefruit livré dans les entreprises pour financer r1—projets de formation en Afrique, [alesbdx]

    Comme 800 autres associations, l'ONG Oxfam passe par la plate-forme Alvarumpour organiser des événements qui stimulent la collecte de dons, le Traïl Walker,par exemple, qui consiste à marcher 100 km par équipes, [dxfam]

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    ISELON UNE ÉTUDE DU CNCRES, lesorganisations et entreprises de l'ESS comptenten France plus de 222 900 établissementsemployeurs et 2,34 millions de salariés. Ce quireprésente 10,3L7cde l'emploi en France et 14Çéde Tcmploi privé. Ces emplois se répartissentdans les associations fa 78,6 9o),puis dansles coopératives (13,17c),les mutuelles (5,4 7c)et les fondations (2,99^).

    Plus de 67*^0des salariésdu secteur sont des femmes, soit bien plus que dansle public (609?) ou le privé (409r). Cette forte présenceest liée aux activités traditionnellement féminisées :enseignement, action sociale, santé... Mais ces femmesaccèdent moins que les hommes à des postes à forteresponsabilité et occupent plus d'emplois à temps partiel.

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    PRESENTS DANS LA QUASI-TOTALITEDES SECTEURS D'ACTIVITÉ, les222 900 établissements de l'ESS sontles premiers employeurs du secteursocial (63?4), du sport et des loisirsf.56%), et les seconds employeurs desactivités financières, bancaires etd'assurance (3054), de la culture (2994)et de l'enseignement (19%).

    La start-up Alvarum organise sespropres événements pour permettre auxpetites associations de saisir l'occasionafin de collecter des fonds, [alvarum]

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